Gestes d’hygiène pour prévenir les contaminations de l’eau
Déclarez votre captage en mairie, faites analyser l'eau par un laboratoire agréé et contactez l'ARS.

Points à retenir
- Avant tout usage alimentaire ou d'hygiène corporelle, il faut s'appuyer sur une analyse de laboratoire et sur l'avis de l'ARS.
- L'analyse réalisée par un laboratoire agréé reste la clé pour décider d'un usage sûr.
- Interrompre immédiatement l'usage pour les usages sensibles (boisson, cuisson, hygiène corporelle) jusqu'à nouvel avis des autorités.
Propriétaires et occupants d’un puits, d’un forage, d’une cuve ou d’un système de récupération : protégez la source, déclarez-la en mairie, faites analyser l’eau par un laboratoire agréé et contactez l’ARS avant tout usage alimentaire.
Introduction : pourquoi ces gestes comptent
Les sources privées sont exposées à des pollutions microbiologiques et chimiques qui peuvent mettre en danger la santé des usagers. Les guides techniques et sanitaires prônent une approche « source → robinet » fondée sur des barrières multiples pour réduire ces risques. Aucun appareil domestique ne rend l’eau potable : seule une analyse en laboratoire et un avis de l’ARS s’appliquent.
Avant tout : qui contacter et quelles démarches administratives
Toute installation de captage (puits, forage) doit être déclarée en mairie, conformément à l’article L2224-9 du Code général des collectivités territoriales ; la déclaration permet aux autorités de connaître l’existence du point de prélèvement et d’agir en cas de pollution. Pour la qualification de potabilité et l’interprétation des résultats d’analyse, l’ARS est l’autorité compétente et oriente sur les mesures à prendre. En cas de doute administratif ou technique, consultez la page dédiée du service public et les informations du ministère chargé des forages.
Gestes d’hygiène et protections à la source
Les mesures à la source réduisent fortement le risque d’entrée de contaminants. Elles reposent sur des pratiques simples et sur la prévention des situations propices à la contamination.
- Protéger physiquement le point de captage : prévoir un capot étanche et un scellement correct de la tête du puits ou du forage.
- Éloigner le captage des sources potentielles de contamination : fosses, zones d’épandage et élevages doivent être repérés et maintenus à distance.
- Assurer un drainage correct autour du puits pour limiter les ruissellements vers la margelle et éviter le ruissellement direct vers le captage.
- Conserver une séparation nette entre eau non potable et réseau potable ; signifier clairement le statut de l’eau par une signalétique « eau non potable » sur les robinets et réservoirs concernés.
- Tenir un carnet sanitaire ou carnet d’entretien : y noter les interventions, les petites réparations et les dates des analyses effectuées pour garder une trace utile en cas d’incident.
- Lors d’interventions à proximité, utiliser des outils propres, protéger temporairement le captage et procéder à un colmatage ponctuel si nécessaire pour éviter l’introduction de matières étrangères.
- Après des épisodes climatiques marqués, limiter l’usage pour des besoins sensibles sans analyse préalable, car les conditions extérieures peuvent accroître le risque de pollution.
Bonnes pratiques pour l’utilisation domestique
Avant tout usage alimentaire ou d’hygiène corporelle, il faut s’appuyer sur une analyse de laboratoire et sur l’avis de l’ARS. Les dispositifs domestiques (filtres, adoucisseurs, osmoseurs) ne remplacent pas cette procédure d’évaluation officielle.
- Réserver l’eau non analysée à des usages non sensibles, en respectant la réglementation locale et les consignes des autorités compétentes.
- Marquer clairement les robinets et réservoirs « eau non potable » pour éviter toute confusion lors des usages quotidiens.
- Éviter les transferts manuels entre réservoirs sans précautions d’hygiène : contamination croisée et pollution sont des risques faciles à éviter par des gestes simples.
- Ne pas considérer un appareil domestique comme garant de potabilité : l’interprétation des performances et la décision de potabilité relèvent d’un laboratoire agréé et de l’ARS.
Surveillance sanitaire : analyses et interprétation
L’analyse réalisée par un laboratoire agréé reste la clé pour décider d’un usage sûr. L’ARS est l’interlocuteur qui prescrit, interprète et recommande des mesures selon les résultats.
- Faire analyser l’eau par un laboratoire agréé avant d’utiliser l’eau pour boire ou pour la préparation des aliments ; contacter l’ARS locale pour connaître les modalités et, si besoin, la prescription.
- L’analyse renseigne sur la présence d’indicateurs microbiologiques et sur des paramètres chimiques ; ce sont les résultats et leur interprétation par l’ARS qui déterminent les recommandations d’usage.
- En cas de résultat défavorable, suivre les consignes de l’ARS, informer la mairie et prévenir les autres usagers du captage afin de limiter l’exposition.
- Le SPANC peut intervenir ou être consulté si des installations d’assainissement non collectif sont susceptibles d’influencer la qualité de la source.
Que faire en cas d’incident (pollution, odeur, coloration, maladie suspecte)
- Interrompre immédiatement l’usage pour les usages sensibles (boisson, cuisson, hygiène corporelle) jusqu’à nouvel avis des autorités.
- Contacter la mairie et l’ARS pour signaler l’incident, décrire les symptômes observés (odeur, coloration) et demander l’ouverture d’une enquête ou d’analyses complémentaires.
- Isolez la ou les installations concernées et informez sans délai tous les usagers du site afin qu’ils cessent les usages à risque.
- L’ARS mène ou coordonne l’enquête sanitaire et prescrit, si besoin, des prélèvements et des mesures conservatoires destinées à protéger la population.
Questions fréquentes
- Peut-on filtrer ou faire bouillir pour rendre potable ? — La filtration domestique ou l’ébullition peut réduire certains risques microbiologiques, mais elle ne remplace pas une analyse en laboratoire ni l’avis de l’ARS pour décider d’un usage alimentaire.
- Adoucisseur / osmoseur — Ces dispositifs agissent sur certains paramètres mais ne garantissent pas la potabilité ; ils ne remplacent pas une analyse ni l’interprétation de l’ARS.
- Forage ancien ou particularité locale — Des démarches administratives et des recensements peuvent s’appliquer ; il convient de consulter la mairie et les pages ministérielles consacrées aux forages pour connaître la procédure locale de déclaration.
Sources officielles et démarches (contacts utiles)
Pour les démarches et l’information officielle, adressez-vous aux autorités et aux documents techniques reconnus :
- Service-public : page consacrée à la déclaration d’un projet de puits ou de forage domestique.
- Ministère en charge des forages : informations sur le recensement et les politiques publiques relatives aux forages d’eau souterraine.
- Guides techniques et sanitaires (WHO, ASTEE) pour les bonnes pratiques de protection et l’approche des barrières multiples.
- Santé publique France et ANSES pour les recommandations et avis relatifs à la surveillance sanitaire et aux traitements domestiques.
Conclusion : gestes prioritaires
- Protéger le captage en limitant les sources de contamination.
- Déclarer le puits ou le forage en mairie selon le droit applicable.
- Faire analyser l’eau par un laboratoire agréé et suivre l’avis de l’ARS avant tout usage alimentaire.
- Tenir un carnet d’entretien et contacter la mairie et l’ARS en cas de doute ou d’incident.





